“Les néo-démocrates croient en la justice sociale. Nous voulons d’un pays qui accueille réellement, véritablement tout le monde et qui fait en sorte que tous et toutes ont l’opportunité de réussir.”

 

Les valeurs qui me guident aujourd’hui et qui continueront de me guider en tant que chef du NPD fédéral, sont des valeurs de social-démocratie que je porte avec moi depuis l’enfance.

Comme tant d’autres, mes parents ont immigré au Canada afin de bâtir un meilleur avenir. Ils se sont installé à Scarborough, où je suis né en 1979, avant de déménager à Terre-Neuve & Labrador pour les études en médecine de mon père. J’avais sept ans lorsqu’il a gradué et notre famille a de nouveau déménagé, cette fois vers la ville ouvrière de Windsor, en Ontario.

Mes parents ont trimé dur et sont très fiers d’être Canadiens. Ils sont reconnaissants des opportunités que ce pays leur a données à eux et à leurs enfants.

Je garde de bons souvenirs de mon enfance à Windsor à passer du temps à jouer avec mes amis, à pédaler dans les rues. Mais ce n’était pas toujours facile.

Comme bien d’autres que l’on juge différents, on m’a intimidé parce que mon nom était étrange, ma peau était brune et parce que mes cheveux étaient longs. À l’école, j’ai subi beaucoup d’intimidation et j’ai souvent senti que j’étais marginal. J’ai dû apprendre à me défendre par moi-même, d’où mon intérêt de longue date pour les arts martiaux.

Je me suis aussi rendu compte que je n’étais pas seul.

J’ai vu des enfants autour de moi — des enfants qui étaient aussi intelligents et aussi dignes de respect que n’importe qui — incapables de réaliser leurs rêves, simplement parce que leur famille ne pouvait pas se le permettre. Ça m’a paru incroyablement injuste.

Mes amis avaient beaucoup de potentiel, mais on leur a refusé les outils et les opportunités pour le réaliser. Leurs espoirs étaient déçus et leur estime d’eux-mêmes, diminuée. Je l’ai ressenti aussi. C’est un sentiment qui vous ronge. Personne ne devrait ressentir qu’il ou elle n’a pas d’importance.

C’est pourquoi je crois que nous devons bâtir un Canada inclusif des rêves et espoirs de tous et toutes. C’est ce qui m’a conduit vers le droit et ultimement vers la vie publique. C’est également ce qui me pousse à devenir chef du NPD.

Souvent, l’estime de soi est ancrée dans notre identité collective. C’est au cours de mon enfance à Windsor que j’ai commencé à comprendre toute l’importance de la langue à la culture. Mes parents m’ont raconté qu’au cours de leur enfance, leur langue n’était pas respectée, ce qui a provoqué en eux un sentiment de honte.

Enfant, j’ai découvert que les Québécois ont fait face à des pressions similaires en lien avec leur langue et leur identité. J’ai vite compris les parallèles. Ça m’a profondément affecté. Je ne comprenais pas comment au Canada langue française n’était pas respectée à sa juste valeur. C’est à ce moment que je me suis engagé à apprendre le français. Depuis mon élection, j’ai eu l’honneur de me rendre aux rencontres de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, en tant que délégué.

Ma plus grande source d’inspiration, c’est ma mère. Enfant, elle m’a appris que nous étions tous interdépendants. Que nous formions un tout. Elle m’a expliqué que si une seule personne souffrait, alors nous souffrions tous et toutes. Elle m’a inculqué que ce n’est pas assez de prendre soin de soi-même et que nous devons prendre soin de tous ceux et toutes celles autour de nous. Si nous tendons la main aux gens autour de nous, nous grandissons collectivement.

Cette conviction nourrit mon activisme. D’abord en luttant contre la hausse des frais de scolarité à l’université. Plus tard, en tant qu’avocat, en appuyant les organismes communautaires sur le terrain. Après avoir obtenu mon diplôme de Osgoode Law School et être devenu membre du Barreau en 2006, j’ai commencé à travailler comme avocat de la défense en droit criminel dans la région métropolitaine de Toronto.

Toutefois, les groupes avec qui je travaillais — qui luttaient contre la pauvreté, contre les frais de scolarité et en faveur des droits des immigrants et des réfugiés — se sentaient délaissés. Ils n’avaient pas d’allié au gouvernement vers qui se tourner. Ces groupes communautaires avaient besoin d’un partenaire et m’ont encouragé à faire le saut en politique active.

J’ai utilisé cette visibilité pour défendre les droits des gens ordinaires, comme par exemple mon travail sur la pratique discriminatoire du contrôle au faciès. Certains activistes ont dénoncé la pratique qu’avait la police d’arrêter et de contrôler l’identité des gens simplement en raison de la couleur de leur peau. Nous avons entendu leurs inquiétudes. Nous avons soulevé le point devant les députés Ontariens. Nous avons fait adopter une motion pour mettre fin au contrôle au faciès en Ontario.

De manière similaire, j’ai à cœur que les Canadiens puissent avoir accès à de bons emplois et que le coût de la vie leur soit raisonnable. Ainsi, j’ai obtenu une réduction des primes d’assurance auto à l’échelle de la province. Je me suis également attaqué à la précarité d’emploi causée par les mauvaises pratiques des agences de placement.

J’ai pu mener à bien ces luttes parce que j’étais au NPD.

Choisir le parti pour lequel me présenter en Ontario était chose facile. Je n’avais pas de racines dans aucun parti. Mais j’étais un militant. Je voulais lutter contre les injustices. Il était évident qu’il n’y avait que le NPD qui avait le courage de lutter contre les injustices.

Seul le NPD a le courage de lutter contre les injustices parce que fondamentalement, chaque néo-démocrate a un intense désir de s’attaquer aux inégalités.

Ce qui rend le NPD et chaque néo-démocrate unique, c’est que nous sommes non seulement choqués par les inégalités, nous nous battons contre elles de tout notre cœur.
Mais j’ai toujours cru pouvoir y arriver. Et comme vous le savez, quelqu’un d’autre y croyait aussi, quelqu’un qui croyait en chacun de nous. Lors d’un rassemblement, Jack Layton m’a pris à part et m’a réellement asséné cette phrase — il m’a dit : «ne laisse personne te dire que ce n’est pas possible».

En octobre 2011, nous leur avons montré que c’était possible. J’ai eu l’honneur depuis de servir mes concitoyens et concitoyennes de Bramalea-Gore-Malton à titre de député et, depuis deux ans, comme chef adjoint du NPD de l’Ontario.

J’ai fait campagne pour le NPD à-travers ce grand pays. Je ressens le formidable potentiel de notre mouvement et de notre parti jusqu’au plus profond de moi-même. Ils nous disaient que le NPD ne gagnerait jamais au Québec : nous l’avons fait. Ils nous disaient que nous ne formerions jamais le gouvernement en Alberta : nous l’avons fait. Ils nous disent que nous ne formerons jamais le gouvernement au fédéral : nous le ferons.

Avec Coeur et Courage,
Jagmeet