lettre Pour Première ministre Wynne

Le 19 juillet 2017

Chère Première ministre Wynne et chers membres du comité permanent des finances et des affaires économiques,

Les normes d'emplois en Ontario ont été brisées. Les travailleurs à travers la province tombent à travers les fissures d'une législation défectueuse qui devrait pourtant les protéger. Au moins 700 000 personnes en Ontario dépendent des agences de placement pour leur offrir des emplois. Or, les agences de placement ont été autorisées à récupérer jusqu'à 40% des salaires des travailleurs, en leur refusant des avantages sociaux et en condamnant les travailleurs à des cycles d'instabilité.

Dans ma circonscription de Bramalea-Gore-Malton, comme partout en Ontario, et plus largement dans tout le pays, nous avons été témoins de cette précarité. Trop souvent, ce sont les femmes, les mères de famille monoparentales, les nouveaux arrivants, les immigrants et les jeunes qui se retrouvent sans protection adéquate.

Le projet de loi 148 est un pas dans la bonne direction, mais il est insuffisant pour répondre aux besoins.

Nous demandons à votre gouvernement de proposer des amendements qui répondent aux préoccupations suivantes:

Améliorer les protections pour les travailleurs intérimaires

Le travail temporaire crée des emplois précaires sans prestations, un salaire moindre et peu de protection des droits des travailleurs et de la sécurité d'emploi. Le projet de Loi 148 sur l'équité en milieu de travail et de meilleurs emplois devrait limiter l'utilisation des agences temporaires à des circonstances exceptionnelles. Les lois du travail de l'Ontario devraient protéger les travailleurs et ne pas les laisser vulnérables aux abus.

Le projet de loi 148 prend deux mesures pour mieux protéger les travailleurs temporaires contre l'inégalité des salaires et le travail précaire. Des modifications sont nécessaires pour s'assurer que ces travailleurs puissent obtenir un salaire égal pour un travail égal. De plus amples changements sont requis pour qu’un travail temporaire offert par une agence de placement demeure “temporaire” et pour créer de meilleurs emplois.

Garantir un salaire égal pour un travail de valeur égale

Il faut absolument régler les failles dans le projet de loi 148 afin d’assurer un salaire égal pour les travailleurs des agences temporaires. De plus, nous devons élargir la portée du projet de l'emploi équitable, en plus de limiter les exceptions pour éviter les échappatoires.

Éliminer les placement temporaires à long terme

  • Nous exigeons que les agents temporaires deviennent des employés permanents de l’entreprise cliente après avoir travaillé au total trois mois pour l'entreprise. L’entreprise cliente et l'agence temporaire seraient tenues de se justifier si, à la fin de la période d'affectation, un autre travailleur est embauché pour effectuer le travail précédemment effectué par le travailleur temporaire. Cette mesure vise à restreindre les cas de non-conformité des employeurs.

  • Les employeurs devront limiter à 20% la proportion de travailleurs temporaires au sein de leur personnel.

  • Réduire les obstacles à l'emploi permanent pour les travailleurs temporaires en éliminant la condition qui permet aux agences de facturer l’entreprise-cliente si elle offre un emploi à temps plein à ces travailleurs.

Soutenir un salaire minimum de 15 $

  • Sept décennies de preuves et d’exemples nous provenant de d’autres juridictions, incluant l’Alberta, la Californie et New York nous prouvent qu’un salaire minimum à 15$ de l’heure serait bénéfique pour tous. Les travailleurs et les employeurs y gagnent lorsque de bonnes normes de travail sont mises en place. Les travailleurs ontariens ont déjà trop attendus pour un salaire minimum qui les amène au-dessus du seuil de la pauvreté. L’introduction d’un salaire minimum de 15 $ ne peut plus tarder.

Avec ces recommandations, le projet de loi 148 peut vraiment contribuer à former une main-d'œuvre équitable où personne n’est laissé pour compte.

Avec coeur et courage,

 

Jagmeet Singh

M.P.P pour Bramalea - Gore - Malton

Candidat, chef du NPD du Canada